- Caractèristiques d'un marché cyclique
- Cycles économiques et classes d'actifs
- Taux d'intérêt, inflation et Banques centrales
- Rôle des banques centrales
- Influences sur les marchés financiers
- Taux d'intérêt, inflation et Banques centrales
- Rôle des banques centrales
1 – Définition
On distingue de façon habituelle, au sein d'un cycle économique, 4 grandes phases (voire 5 pour certains) qui sont :
- la phase d'expansion : cette phase se caractérise par une hausse de la demande qui engendre une hausse de la production qui doit répondre à la fois à la demande croissante et à la reconstitution des stocks. L'emploi est au beau fixe puisqu'il faut des ressources pour satisfaire les besoins de production. Les acteurs économiques sont confiants et réalisent donc des investissements ce qui contribue à augmenter le niveau de la demande ;
- la phase de surchauffe ou crise : au fur et à mesure de l'expansion, de l'inflation apparaît du fait de l'augmentation du volume de monnaie en circulation, ce qui entraîne une hausse des prix. La consommation commence alors à se tasser et les investissements ralentissent peu à peu, les taux d'intérêts remontant en parallèle. Les stocks à écouler se font plus importants et, pour les écouler les prix commencent à baisser. La crise est le bref moment de retournement de la conjoncture économique. C'est le point d'inflexion de la croissance.
- la phase de récession voire de dépression : la demande baissant, les entreprises commencent à réduire leurs effectifs ce qui entraîne une hausse du chômage. Les agents économiques commencent à perdre confiance et les investissements sont revus à la baisse. On entre dans une période de recul de la consommation ce qui contribue à alimenter la baisse d'activité, les stocks augmentant, il n'est pas nécessaire de produire plus et ainsi de suite.
- la phase de reprise : en général l'Etat essaye de relancer la consommation en investissant massivement et en desserrant sa politique monétaire. À mesure que les taux d'intérêts baissent et donc que l'argent devient moins cher, les agents économiques se remettent à investir et à embaucher, les salaires étant par ailleurs a des niveaux assez bas. On constate aussi souvent pendant cette phase une hausse des innovations technologiques.
La baisse des prix, cumulée au faible coût de l'emprunt, finira par engendrer une augmentation de la demande globale, entraînant ainsi une reprise de la croissance et le début d'un nouveau cycle.
On distingue principalement 3 types de cycles en fonction de leur durée :
- le cycle Kitchin (entre 3 et 4 ans)
- le cycle Juglar (entre 8 et 10 ans),
- le cycle Kondratiev (50 à 60 ans).
machine à vapeur et textile pour le premier Kondratieff, acier et chemin de fer pour le second, moteur à explosion, électricité, produits chimiques pour le troisième. Ce même auteur a par ailleurs eu une vision très systématique de l'emboîtage des différents types de cycle : chaque cycle Kondratieff contiendrait six cycles Juglar de 9-10 ans, et chaque Juglar se décomposerait en trois cycles Kitchin d'un peu plus de 3 ans chacun.
2 – Cycles économiques et classes d'actifs
2.1. Taux d'intérêt, inflation et Banques centrales
À travers la décomposition d'un cycle économique, on constate que taux d'intérêt, inflation et marchés financiers entretiennent des liens étroits.
Le taux d'intérêt est la rémunération offerte en contrepartie d'une renonciation à consommer. En effet, en plaçant son argent, l'agent économique renonce à le consommer, il faut donc qu'il en retire un bénéfice et, en toute logique, plus cette renonciation est longue et plus la rémunération (le taux d'intérêt) doit être élevée.
L’inflation, quant à elle, est une situation de hausse généralisée et durable des prix des biens et des services entraînant une baisse du pouvoir d’achat de la monnaie puisque, avec la même somme d'argent on peut acheter moins qu'auparavant.
Taux d'intérêt et inflation sont liés. Prenons un exemple pour illustrer cela. Si un agent économique laisse 1 000 euros sur son compte qui ne lui rapporte rien, si l'inflation annuelle est de 5%, à la fin de l'année, il aura toujours 1 000 euros sur son compte mais ces mêmes 1 000 euros ne "vaudront" plus que 950 euros. Si ce même agent avait placé ses 1 000 euros sur un produit offrant un taux d'intérêt de 5%, il aurait à la fin de l'année conservé son pouvoir d'achat. Pour que la renonciation à la consommation soit donc "rémunérée" il faut que le taux d'intérêt servi par un placement soit supérieur à l'inflation.
En pratique la corrélation entre taux d'intérêt et inflation est quasi totale, quand l'inflation monte, les taux montent également, et vice-versa.
Le niveau des taux d'intérêt est d'une importance capitale pour la valorisation des marchés financiers.
Comme nous l'avons vu, les deux produits majeurs négociés en bourse sont les actions et les obligations.
Généralement on considère que, du fait du niveau de risque plus élevé des actions, celles ci doivent offrir un rendement plus important que les obligations (on parle de prime de risque pour mesurer le supplément de rendement attendu de la part des investisseurs).
Afin de bien ajuster le couple rentabilité/risque, les investisseurs comparent en permanence la prime de risque existant entre ces deux actifs financiers et procèdent à des arbitrages entre l'un ou l'autre en fonction du niveau de la prime de risque.
La conséquence d'une hausse des taux d'intérêt entraîne un meilleur rendement des obligations et réduit par-là même le niveau de la prime de risque, les investisseurs se détournent alors des actions pour se placer sur les produits obligataires.
Rôle des Banques centrales :
La régulation économique se fait ainsi notamment à travers ce que l'on appelle les taux directeurs des Banques centrales, le plus important d'entres eux étant le taux de refinancement. Ce taux est celui accordé par une Banque centrale en tant qu'organisme prêteur aux Banques commerciales qui se refinancent à ce taux. On comprend donc que plus le taux directeur de refinancement est bas et plus les Banques commerciales peuvent accorder des crédits à bas taux. À l'inverse, plus le taux directeur de la Banque centrale est élevé, et plus il sera difficile pour les Banques d'accorder des prêts. En faisant cela, les Banques centrales peuvent vouloir enrayer l'inflation lorsque l'activité s'emballe et décourager ainsi les investissements.
2.2. Influences sur les marchés financiers
Nous nous rendons compte que :
- lors de la phase d'expansion : les taux d'intérêts augmentent en partie pour limiter l'inflation entrainée par la croissance. Les actions se portent bien à l'amorce de cette phase car les bénéfices d'entreprises et les revenus plus élevés des ménages incitent à l'investissement. À la fin de cette phase, les actions commencent cependant à perdre de la hauteur car les premiers investisseurs craignent déjà une érosion des bénéfices. Les obligations sont à éviter en raison des hausses des taux d'intérêts.
- lors de la phase de surchauffe : les entreprises ont tellement de capitaux qu'elles investissent démesurément, de sorte qu'elles créent une surcapacité. L'inflation demeure élevée en raison de la demande ferme de matières premières et du déficit de main-d'oeuvre. Les Banques centrales relèvent encore les taux, souvent pour atteindre un niveau préjudiciable à l'économie. La situation peut dégénérer en stagflation (inflation élevée combinée à un recul de la croissance économique).
Au cours de cette phase, la quasi-totalité des outils d'investissement part à la dérive. Les liquidités sont à privilégier. Les actions sont coûteuses et elles s'exposent à une forte baisse en raison du repli économique attendu. Il est encore trop tôt pour acheter des obligations, il vaut mieux attendre les premiers signes de baisse des taux. - lors de la phase de récession-dépression : pour relancer l'économie, la Banque centrale baisse les taux d'intérêt pour inciter les agents économiques à consommer et à investir. Au cours de cette phase, les obligations se portent bien et les investisseurs fuient le risque.
- lors de la phase de reprise : l'inflation augmente au fur et à mesure que l'économie, redémarre. Le chômage baissant, les salaires et les prix augmentent. La Banque centrale commence à relever les taux pour endiguer l'inflation.
Les actions se portent bien à l'amorce de cette phase car les bénéfices d'entreprises et les revenus plus élevés des ménages incitent à l'investissement.
Attention, il est important de garder en tête que, le découpage des cycles économiques ainsi que leur déroulement représente nécessairement une vision schématique et simplifiée. De nombreux autres facteurs sont susceptibles d'influencer les marchés financiers (événement politique, catastrophe naturelle etc…).
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